LIBERTY OF LONDON…
… ou l’histoire d’un tissu qui fait tourner les têtes !
J’ai une passion qui ne me quitte pas : le Liberty of London. Si vous me suivez un peu, vous avez sûrement compris que ce tissu n’est pas juste joli… il est carrément magique.
Dès que j’en touche un, que je découvre un nouveau motif ou que j’imagine une création autour de lui, je ressens une émotion que seuls les vrais amoureux du textile peuvent comprendre.
Ça pétille dans ma tête et dans mes mains. Je pourrais passer des heures à assortir les imprimés, à les observer au soleil, à les imaginer portés lors d’un mariage, d’un anniversaire ou même d’un mardi banal (parce que oui, la magie, c’est tous les jours).
Alors aujourd’hui, j’ai eu envie de vous raconter l’histoire de ce tissu culte, de ce monument de finesse et de style, celui qui habille mes nœuds pap’, mes bretelles, mes bijoux et même quelques rêves.
Mais c’est qu’est ce que le Liberty, en fait ?
Tout commence avec un monsieur bien décidé à ne pas suivre le chemin tout tracé : Sir Arthur Lasenby Liberty. Fils de drapiers (le tissu, il avait ça dans le sang), il commence à bosser dans le commerce de dentelle, passe par un oncle vendeur de vin (là, on valide) puis atterrit chez Farmer & Rogers, un entrepôt de tissus à Londres.
Il grimpe les échelons, propose une association à ses patrons (refusée), claque la porte et… traverse la rue.
C’est là, sur Regent Street, qu’il ouvre la première boutique Liberty, en 1875.
Un pari audacieux : il ne vend pas que du tissu, mais de l’art venu du Japon, de Chine, d’Inde… bref, du raffinement, du jamais-vu, du waouh. Et les Londoniens en tombent amoureux.
Un bâtiment hors du commun
La boutique actuelle est un bijou architectural : du bois récupéré sur deux anciens navires de guerre britanniques (rien que ça), des puits de lumière, des escaliers en bois sculpté, des balcons dignes d’un film d’époque… et une entrée principale qui passe par une boutique de fleurs.
Un lieu qui ressemble déjà à une création Liberty, avant même d’avoir touché un tissu.
Je vous invite à le visiter ou tout du moins de regarder Cruella, ou vous y découvrirez Emma Stone interprétant « Cruella« , on y découvre ce sublime magasin, tel qu’il est encore aujourd’hui !
Le tissu, le vrai, le beau : THE Liberty
Mais revenons à notre sujet préféré : le tissu Liberty.
Le plus célèbre, c’est le Tana Lawn. Un coton d’une finesse incroyable, venu de la région du lac Tana en Afrique, travaillé jusqu’à devenir aussi doux que de la soie. Une vraie caresse pour les doigts, et une merveille à coudre.
Et comme chez Liberty, on ne rigole pas avec la qualité, les motifs sont aussi beaux à l’endroit qu’à l’envers. Un détail qui change tout quand on aime les jolies finitions (team couture propre, bonjour).
Je vous renvoie d’ailleurs à l’un de mes précédent articles.
Non, Liberty ce n’est pas que des fleurs (mais un peu quand même)
Oui, on connaît tous les motifs floraux ultra délicats, les petits bouquets façon jardin anglais, les coloris pastels ou profonds… Mais le Liberty, c’est aussi :
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des motifs Art Nouveau inspirés par la nature, les plumes de paon, les feuilles de ginkgo,
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des imprimés cachemire, ultra graphiques,
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des dessins modernes et audacieux selon les collections.
Liberty, c’est un style à part, entre tradition et création. Et c’est pour ça que je l’aime.
Et l’écologie dans tout ça ?
Bonne question. Le Liberty n’est pas certifié Oeko-Tex, mais les tissus respectent les normes européennes les plus strictes (REACH, directives ECHA…).
En fait, ils n’ont jamais fait la demande, mais les normes sont parfaitement respectées, et parfois même supérieures à la plupart des tissus Oeko-Tex.
Donc a priori, on peut continuer à les adorer sans trop culpabiliser.
Les différentes matières Liberty
Eh non, il n’y a pas que le coton Tana Lawn ! Vous pouvez aussi trouver :
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du Lasenby Cotton (parfait pour la couture),
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de la popeline,
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du lin,
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du velours,
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de la soie (crêpe, satin, chiffon… une tuerie),
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du denim (oui oui),
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même un jersey recyclé pour maillot de bain !
Bon, certains ne sont dispo qu’à Londres ou sur la boutique en ligne anglaise… mais je garde toujours un œil ouvert (et une étagère vide au cas où).
En résumé ?
Le Liberty, ce n’est pas qu’un tissu. C’est une émotion. Une passion. Une addiction même, j’ose le dire. Chez moi, il y en a partout : dans les nœuds pap’, les bretelles, les pochettes à main, les bijoux… Et chaque nouveau tissu qui arrive à l’atelier, c’est un peu Noël avant l’heure.
Alors si, comme moi, vous sentez votre cœur battre un peu plus vite en entendant « Wiltshire », « Ciara » ou « Margaret Annie », bienvenue dans le club. Et si vous découvrez à peine l’univers Liberty : accrochez-vous, vous n’en sortirez pas indemne. Mais vous y serez bien.
Moi, je m’appelle Alexandra, et mon truc, c’est de mettre de la magie dans vos tenues (avec un soupçon de Liberty, évidemment ).





